Live is Life...

*Live is Life* Grossesse & Covid 19 – Avril partie 1…

Lundi 30 Mars.

La petite est en mode kickboxing bien régulièrement dans la journée et même la nuit.

Mardi 31 Mars.

Aujourd’hui je commence à moins la sentir bouger. 

Mercredi 1er Avril.

Elle me fait la « bonne blague » de bouger que très rarement

Je galère toute la journée à la faire bouger. Qu’elle me mette des coups de pieds.

Je ne la sens tellement pas bouger que je craque complètement. Je pleure quasiment toute l’après-midi et le soir. Le stress et l’angoisse de ne pas la sentir bouger. Le moment où tu penses le pire !

Car oui, de toutes les angoisses que j’ai eu durant la grossesse je crois que celle de la mort in utero surpasse toutes les autres…

Mon homme se veut toujours rassurant. Mais pour moi, il y a quelque chose qui déconne.

J’ai tellement hâte d’être au lendemain ! J’ai un monito et surtout l’écho du 3ème trimestre ! 

Je pars positive et me dis que tout cela devrait me rassurer…

Jeudi 2 Avril.

J’ai enfin un rendez-vous avec le service endocrino de l’Archet.

J’y rencontre la Doc qui va me suivre, la diététicienne et un infirmier. Une équipe qui a su écouter ce que j’avais à dire. Qui a prit en compte que j’avais une RCH et que le régime diabète doit être ajusté aussi à ma première pathologie.

Ils prennent aussi en compte que je suis sous cortisone et que la cortisone fait bien monter les taux. La doc décide donc de me mettre sous insuline. 

Ok, des nouvelles piqûres ! Même pas peur !

L’infirmier me montre donc comment utiliser les stylos. Bon ça va, c’est le même système que les stylos d’hormones en PMA et en plus l’aiguille est beaucoup plus petite. Izipizi !

Bref. Je suis contente du plan mit en place avec l’équipe et j’ai un rendez-vous la semaine d’après pour voir comment ça évolue.

Je rentre chez moi « happy » d’avoir été écouté et plus sereine sur l’ajustement alimentaire.

Même si je n’ai pas senti la petite bouger, je suis plutôt positive sur cette journée.

A 13h45 j’ai donc mon monito de suivi avec ma sage femme. Comme je dois aller à l’hôpital Lenval juste après, je descends à pieds exceptionnellement à son cabinet qui n’est pas loin. 

Tout se passe bien, bon rythme cardiaque de la petite et tension qui va bien.

#ouf

Me voilà déjà bien rassurée, comparé à aux deux derniers jours !

J’enchaîne donc avec mon rendez-vous de 14h30 pour l’échographie du 3ème trimestre.

Hâte de voir sa bouille !

Elle commence ses mesures :

Tête ok, abdomen ok, mais toujours le fémur qui est court.

Bon…

Puis quand elle passe au Doppler du cordon, elle remarque que l’échange ne se fait pas bien.

Ah…

Puis que mon placenta est en grade 3 aka « placenta vieux ».

Mokai…

Et aussi qu’elle a cassé sa courbe de poids. 

Merde…

Là, elle fait environ 1kg5 pour 38cm.

Le fameux RCIU qui était en suspicion au début de grossesses est donc confirmé par cette écho.

C’est bien un problème vasculaire.

#Capuduculgrave

Elle décide d’appeler ma gynéco de l’Archet pour lui parler de la situation.

Et devine quoi ?

Et bien, il faut que je monte aux urgences pour faire un contrôle de tout !

J’appelle mon homme pour qu’il vienne me récupérer à Lenval. Sauf qu’au lieu de monter direct à l’hosto, on passe d’abord par la maison.

Mon instinct me dit aussi que je ne vais pas rentrer chez moi ce soir. J’ai peur de devoir passer les un mois et demi qu’il reste de ma grossesse à l’hôpital…

Déjà, à la base, ça ne me vend pas du rêve mais là, avec le confinement #mercilapandémie c’est juste pas la peine.

Je dois donc faire une valise pour 5 jours, on verra bien.

Mais surtout, je veux faire quelques photos de mon grosbidou.

Au fond de moi, je sais pertinemment que c’est la dernière fois que je suis chez moi avec ce grosbidou d’amour.

Je prend donc le temps de faire quelques photos que j’avais en tête. Je finalise ma valise et on part. 

J’arrive à 17h à l’hôpital. On me branche au monitoring. Et c’est reparti pour un cycle de tension. 

Autant le monito, ça peut aller, autant la tension s’envole !

D’un autre côté, comment tu veux que j’ai une tension basse ?

D’un, je suis à l’hosto et dès que je suis à l’hosto, ça part en cahuette.

Deux, je sais d’avance que je ne vais pas rentrer chez moi.

Trois, je sens qu’il y a quelque chose qui déconne.

Quatre, j’ai ce sentiment que je suis venue « seule » mais que je repartirai à « deux »

Et se rajoute à cela la visite de l’interne qui donc m’explique bien que la situation n’est pas encore critique mais qu’il y a de fortes probabilités que d’ici grand maximum 2 semaines, ils doivent sortir la petite.

Donc j’avais un bon instinct !

Les Doppler ne sont pas top, et il ne faut pas qu’ils soit à zéro ou en négatif. Le but étant de sortir la petite avant cela. Pour le bien de tout le monde.

J’ai donc droit à ma première injection de corticoïdes pour la maturation des poumons. Je comprends que les choses s’accélèrent…

Donc ma tension, elle est au max hein. Ce qui est un peu normal.

J’ai surtout envie de pleurer et en faite non ce n’est pas envie, je ne fais que pleurer.

En plus, tant que me tension ne redescend pas, ils me gardent aux urgences.

Ils finissent par me donner je ne sais plus quel anti hypertenseur pour la faire redescendre.

La tension se calme doucement et à 22 heures je monte enfin dans ma chambre…

Oui, j’ai fait 17 heures -> 22 heures et j’ai faim !

Je suis dans le service maternité aux murs orange car pour ce soir il n’y a pas de chambre disponible en grossesse pathologique, chez les vert au 2B.

Les filles sur place me trouvent une barquette de haricots verts, 2 paquets de biscottes, 2 morceaux de fromage et un yaourt. C’est déjà mieux que rien du tout.

D’ailleurs je fais mon relevé diabète ! Je fais péter les scores ! Cortisone oblige.

J’ai beaucoup de mal à dormir, en plus je n’ai aucune affaires. Même pas ma brosse à dents. Il faudra que j’attende le lendemain que monsieur puisse me monter mes affaires.

Et je ne le verrai même pas.

Interdiction de rentrer dans le service en dehors des heures de visites.

Car oui, en maternité il est permis aux papas ou à la personnes de confiance de venir visiter maman et bébé de 13 heures à 18 heures et je trouve ça cool car ce n’est plus possible dans certaines maternités.

Mais là, je pleurs. C’est beaucoup à digérer et je me sens vraiment seule.

Vendredi 3 Avril.

Premier monitoring de surveillance.

La petite fait des décrochages, je reste avec pendant 2 heures… On galère à trouver une position qui convienne à la petite. On fini quand même y arriver.

Mais autant ma glycémie est haute, autant mes tensions sont très bonnes. Va comprendre.

On me change de service. Je passe donc chez les verts en grossesse patho.

Plateau repas et prochain monito avec surveillance vct (variation à court terme) autrement dit des mouvements où je vais devoir appuyer sur un bouton à chaque fois que je la sens bouger… 

Le monitoring se passe bien et au bout de 10 minutes, la machine considère qu’elle a assez de données pour faire ses stats et il en ressort que ça va.

Mokai.

L’interne passe me voir, elle veut me faire une échographie pour contrôler les Doppler.

Allez c’est parti !

Bon, entre le rideau qui ne se ferme pas (on est en plein soleil), la machine du service qui doit dater de l’an 1 et la petite qui ne se laisse pas faire, elle galère à faire ses mesures. De toute manière avec moi c’est jamais facile.

On descend donc au service gynéco où il n’y a plus de visites, il est 17h passé. On s’installe dans une salle où l’appareil est quand même beaucoup récent.

Bon contrairement à toute à l’heure où la petite ne voulait pas bouger, là elle bouge trop… Contrariante cette petite ou surtout je pense qu’elle en a marre de se faire embêter dans son cocon qui lui est encore douillet malgré tout.

On y arrive quand même mais les résultats ne sont pas top top.

Elle va en parler à sa chef mais voilà.

Le « verdict » tombe : 

Lundi matin, césarienne.

On y va ! C’est tipart ! J’ai 2 jours pour me faire à l’idée.

Mon homme aussi même si depuis la veille, on savait que cela aller arriver plus vite que prévu.

Les docs ne veulent pas prendre de risque à attendre plus. Le ratio bénéfice/risque (oui encore lui) fait qu’il vaut mieux la sortir lundi à 34SA et ne pas essayer de tirer plus. Il ne faudrait pas que les Doppler passe en zéro ou même en négatif.

Il faut la faire sortir avant que cela ne dégénère.

Et je t’assures que je préfère aussi. 

Je demande pour l’homme si il peut assister à la césarienne et la réponse est oui ! Si les choses le permettent, il pourra même faire un peu de peau à peau avec la petite. Ça nous tenait vraiment à cœur. Et toujours en fonction de la petite, il pourra même suivre les premiers soins prodigués par le pédiatre. 

Finalement c’est pas plus mal que cela se passe lundi car qui sait si dans 2/3 semaines les directives seront les mêmes ! 

Il faut tirer du positif à cette situation !

Nous sommes samedi, il est minuit cinq quand j’écris cet article et je comprends déjà le principe de baby blues. 

Quand je regarde mon grosbidou, je sais qu’il va me manquer. Pas le fait d’avoir un gros bide qui m’empêche de me mouvoir à mon aise hein. Mais ce qu’il représente et le fait que je ne sentirai plus ses mouvements à elle… 

C’est bizarre après tant de temps passé ensemble…

Samedi 4 avril 2020.

7h00.

Réveillée assez tôt mais j’ai réussi à dormir un peu.

Je me prépare tranquillement en attendant les premiers examens.

Et je fais une petite photo de grosbidou…

9h30.

La sage-femme arrive avec le fameux monitoring qui fait aussi vct. Et bien c’est relativement moche… Elle fait plusieurs décrochages et ne bouge pas beaucoup.

On m’amène les papiers pour le consentement de la césarienne.

La sage-femme voit avec le médecin de garde qui est aux urgences. Elle décident de continuer la surveillance aux urgences.

Ok, me voilà partie sur mon lit direction la salle 3 des urgences gynéco.

10h36.

On me pose le monito et la tension et c’est parti pour la surveillance… 

Bon, ben c’est encore moche hein. 

Deux possibilités : si la petite se stabilise, je remonte en chambre et tout va bien. Si elle continu à faire plusieurs décrochage, il va falloir envisager de la sortir.

Je préviens donc mon homme que ça puducul, qu’il faut qu’il se prépare car à mon avis il va falloir qu’il monte d’ici pas longtemps.

#ohputain

11h10.

La sage-femme arrive avec une perfusion… Ça aussi ça sent pas bon. On me la pose « au cas où » on doive partir en urgence.

Le temps passe mais son rythme cardiaque fait nawak. Elle me fait une accélération de fou puis BIM tout redescend d’un coup. Mais beaucoup trop rapidement et j’ai l’impression d’avoir une contraction en même temps… J’aime vraiment pas ça.

11h48.

J’envoie un message à l’homme : « Bon bon bon, tu n’as pas 2 jours pour te préparer. Les culots arrivent vers 13h30. »

Là, il comprend pas trop ce qui se passe.

« Les culots ? »

Les culots de sang de l’EFS et je sais qu’ils arrivent vers 13h30. Toujours dans un principe de précaution.

Et comme j’ai toujours un humour de merde, je lui balance comme ça : « On attend pas lundi. »

En faite, j’ai du mal à réaliser.

Lui aussi.

#tulesenslestressmonter

Et malgré tout cela, j’ai de la chance car le médecin de garde n’est autre que ma gynéco ! Elle arrive donc dans la salle et m’annonce donc que ce n’est pas lundi que je vais accoucher mais…

AUJOURD’HUI !

ET DANS PAS LONGTEMPS !

Car elle ne veut pas prendre de risque. Et que d’attendre 2 jours, c’est pas le meilleur car il faudrait me surveiller encore plus et peut-être risquer une césarienne en urgence. 

Donc voilà, on y est, c’est le grand jour !

Omgad je ne suis pas prête du tout !

Je pensais passer encore 2 jours avec mon grosbidon mais non je vais être maman… 

J’ai du mal à réaliser.

Donc le temps que infirmière, anesthésiste et sage-femme me prépare et on va y aller. D’abord on va me poser la péridurale car elles décident de faire une péridurale et pas une rachianesthésie.

Okidoki, c’est vous les pros hein !

11h51.

Je suis au bout de ma vie.

Bah j’étais en mode préparation pour lundi moi, j’avais pas prévu ça sur mon planning du samedi !

12h30.

Mon homme arrive. Cela me rassure… un peu… J’ai ma tension qui monte à des 17/10. Sérieusement, comment tu veux que je me détresse.

Le temps de me poser la péridurale, l’homme attend dehors.

Je me mets en position et je me chante le générique des Snorky dans ma tête pour me calmer. Ne me demande pas pourquoi les Snorky, j’en ai fichtrement aucunes idées. 

Je ne suis pas sereine du tout. Je n’ai pas peur des aiguilles mais j’avoue que la péridurale c’est planter une aiguille dans la colonne, ça vend pas du rêve. 

Inspire, expire, qui qui sont les Snorky

Ça y est, c’est fait. J’avoue plus de peur que de mal.

Me voilà donc avec ma péridurale et on m’injecte les premières doses.

Je commence à sentir les effets. Puis à un moment donné je ne peux plus lever les jambes. Ce qui est bizarre c’est que l’on sent le toucher… Ça me stresse un peu. J’ai une angoisse qui monte de fou !

L’angoisse de sentir le scalpel.

On me pose aussi la sonde urinaire. Je ne sens rien, merci la péridurale !

J’essaie de me concentrer sur le mot césarienne et pas sur l’acte en lui même… De penser à cette ouverture et toutes les couches qu’ils vont couper me fout aussi une de ces angoisses !

Mais du coup, je demande pour les sensations. J’ai l’habitude des anesthésies générales moi… Là, c’est ma première fois. L’anesthésiste m’explique que l’on sent le toucher mais pas la douleur. C’est pas vraiment rassurant mais je lui fait confiance car c’est un peu beaucoup son taf hein.

Proche de 13h00.

Et là, le grand moment est arrivé !

Mon homme suit le brancard. Je ne peux absolument plus bouger les jambes. Impossible de les lever ! 

Il y a beaucoup de personnes dans la salle d’op.

Elles me mettent sur un truc chelou pour m’installer sur la table d’opération. Je ne peux absolument pas bouger, c’est vraiment bizarre comme sensation. Etre totalement lucide et ne pas contrôler son corps

Je bloque sur la lumière au dessus moi, tu sais le truc rond là, et là, il est énoooooorme !

On me badigeonne de produit pour me désinfecter.

On me place le fameux champ bleu devant la tête, au niveau de la poitrine. J’ai envie de te dire que j’ai pas vraiment envie de voir ce qu’il va se passer de toute manière.

Je ne sentirai qu’à la fin mais mes pieds sont attachés à la table mais pas mes bras comme j’ai pu le lire sur le net.

L’anesthésiste est présente à mes côtés. Qu’est ce qu’elle est gentille et qu’est ce qu’elle est rassurante. #mercimadame

Pour l’instant on me prépare et donc mon homme attend dehors qu’on lui donne la permission de me rejoindre derrière le champ au niveau de ma tête.

On me rase les poils de la wachacha. D’un côté j’avais faire un ratiboisage il n’y a pas longtemps donc ça passe. Je sens toujours quand elle passe les compresses pour nettoyer… Du coup, je me mets à flipper !

Et si je sentais le scalpel !

Je fais part de mes craintes et tout le monde me rassure. L’anesthésiste me pose une simple question : « quand elle passe la compresse vous sentez que c’est chaud ou froid ? »

Je réfléchie et je suis incapable de répondre. On m’explique que ce sont les mêmes terminaisons nerveuses. Du coup si je ne sens pas de chaleur ou pas, je ne sentirai pas de douleur. 

Oui bon ok. N’empêche que je flippe marace.

Une fois prête, mon homme me rejoint. Je suis tellement rassurée qu’il soit là.

Je suis donc opérée par le Dr Trastour et elle est épaulée d’un interne qui a un belle charlotte avec des super héros dessus (je ne verrais ça qu’à la fin quand ils enlèveront le champ).

Et hop ! On y va !

Et je ne sens absolument pas le scalpel. Ouf.

Mon homme me masse les tempes. Je suis à un niveau de stress de fou.

J’ai la tremblote dans le haut du corps. C’est incontrôlable. Entre le fait qu’il fasse pas chaud chaud dans la pièce et aussi il semblerait que ses spasmes soient une réaction normale. J’arrive des fois à me calmer. 

Inspire, expire, Snorky !

Je continu à dire que l’on aurait dû adopter un troisième chat haha ! 

Même là, j’ai mon humour de merde qui ressort !

Je parle beaucoup pour dire tout et n’importe quoi. C’est ma réaction au stress… Je n’arrive pas à me calmer. 

Par contre on entend tout. Et ça c’est chaud patate.

J’entends l’aspiration. Je sens que ça tire. Je sens la pression sur mon ventre. Et je ne sais absolument pas se qui se passe. Et je ne sais pas si je veux savoir ou pas.

J’ai l’impression qu’il se passe une éternité. Je n’ai aucune notion du temps. C’est hyper perturbant.

Je sens une vieille nausée qui commence à monter. Je le dit de suite et on me pose un petit bassin à côté de la tête. C’est pas très pratique, j’ai pas vraiment envie de vomir mon thé et ma flotte, car oui je n’ai pas mangé à midi. L’anesthésiste me balance un produit à action ultra rapide par voie veineuse. Et grave avec la rapidité ou ça calme. Tant mieux.

Inspire, expire, Snorky

Puis à un moment donné on me dit :

« Ça y est, elle est sortie ! »

Il est 13h36.

Je ne la vois pas. Je ne l’entend pas. Elle est de suite embarquée par le pédiatre. On dit à mon homme qu’il peut le suivre. Il s’exécute. En passant on lui dit de ne surtout pas regarder sur la table. Et j’ai envie de dire qui n’a pas envie de voir la boucherie. Nope. Non merci.

Je me retrouve donc « seule ».

Les docs m’annoncent qu’ils sont en train d’enlever le placenta. Je sens bien qu’ils vont au fond des choses. Enfin de mon ventre. Pas de douleurs mais tu la sens bien la pression. 

Ça ne prend pas beaucoup de temps et on passe à la « couture ». La partie la plus longue vu tout ce qu’il y a à recoudre.

Je n’ai toujours pas vu ma fille mais on me l’a fait entendre… Bon un seul cri hein mais au moins je sais qu’elle est là.

Elle est montée au service néonatal et mon homme a le droit d’y aller. C’est très bien, c’est ce que je voulais.

Moi, on me recoud.

14h07.

Une personne vient quand même me montrer une photo prise par mon homme de la petite. Je l’aperçois donc sur ce petit écran…

Bon, une fois la couture faite, on me déplace dans une autre salle pour me surveiller.

Ok.

Je ne sens toujours pas mes jambes. 

J’ai toujours de la tension

Mais je me sens beaucoup plus détendue. L’opération s’est bien passée. Je sais que mon homme est avec la petite. Bon, je ne sais absolument pas comment elle va mais bon…

Je comprends beaucoup mieux les femmes qui vivent leur césarienne comme un traumatisme.

Car c’est traumatisant !

Et moi, je savais que j’allais accoucher par césarienne. C’était quand même ma décision première pour accoucher. Donc bon, aucune réelle surprise de ce coté là. Psychologiquement je le savais.

Mais physiquement je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. J’avais pléthore de questions à poser le 4 mai… 

Ouais le 4 mai quoi, lors de ce qui devait être le dernier rendez-vous avant la-dites césarienne normalement… Bon ben c’est râpé pour le coup.

Et du coup, oui je comprends que les femmes qui partent en code rouge aka césarienne en urgence, le vivent mal. C’est malgré tout un acte quand même super violent.

Entre la position. Les jambes attachées. Complètement nue mais consciente de se qu’il se passe. (J’ai pas arrêter de dire que finalement l’anesthésie général c’est pas si mal). Les bips incessants. Tout ce monde qui « s’agitent » autour de soi. Le grand champ bleu devant la tête. Le fait de ne pas savoir ce qu’il se passe même si il ne vaut mieux pas regarder tellement ça doit être euh… voilà quoi.

Et si comme moi il n’y a pas présentation de l’enfant à la mère mais séparation direct j’ai envie de dire que ça envoi du lourds ! Faut être accroché !

Heureusement que mon homme était avec moi car déjà là j’ai un gros trauma alors si j’avais dû traverser ça sans lui… Je n’ose même pas imaginer. 

En salle de récupération, je remarque que ma cicatrice saigne un peu. L’interne vient voir. C’est un petit bourrelet de chair qui « saignote » (comme une simple coupure au doigt quoi), rien de grave. Il décide de refaire un pansement compressif. 

Ok.

Le temps passe dans cette faille spatiotemporelle. Ma tension a quand même du mal à redescendre.  A un moment donné, une sage-femme me donne quand même des news comme quoi la petite tout va bien et que mon homme aussi…

Ah ben merci hein quand même !

Ça fait quasi 2 heures que je n’ai pas de nouvelles. Enfin 2 heures j’en sais rien. C’est au moment où mon homme me rejoint qu’il me le dit. Car lui aussi de son côté, personne ne lui a dit comment j’allais…

Les équipes aux urgences sont vraiment au top. Les équipes en services néonatal, le sont aussi. Mais par contre, il y a quand même un peu un manque de communication inter-services.

Il a prit des photos et donc me montre la bouille d’amour de notre fille de 1,395 kg

C’est un poids plume mais elle respire toute seule. Et ça, c’est une très bonne nouvelle ! 

Et ils ont décidé de lui poser une sonde nasogastrique, (comme à sa mère haha).

En faite c’est pour l’aider à ne pas devoir puiser dans ses réserves d’énergies pour se nourrir. Histoire de garder cette énergie en elle. Ok.

Bon, elle est comme sa mère, elle est réfractaire à la sonde et à peine posée, vu qu’elle était pas encore bien fixée, elle la chope et l’enlève.

C’est bien ma fille ça !

De mon côté, on attend que ma tension veuille bien se calmer... On me donne du Trandate et du Loxen par voie veineuse. Ça fait effet doucement.

Je récupère aussi doucement les sensations dans mes jambes. Tout doucement, je bouge mes pieds puis j’arrive à soulever mes jambes.

Enfin !

Après avoir vu avec chezpasqui, et vu que je récupère mes sens, on m’enlève la sonde urinaire. Cela ne fait absolument pas mal. Moi perso j’avais juste peur de me faire dessus si mon système n’avait pas encore bien récupéré les sensations. Mais tout va bien !

Je sens que je saigne un peu de l’entre jambe. Est-ce ma cicatrice ou ma wachacha ? J’appelle une infirmière afin qu’elle vérifie et c’est bien ma wachacha. Ce sont des saignements qui surviennent post accouchement, le temps que l’utérus reprenne sa forme (ce qui met du temps hein).

On me fait aussi un « brin de toilette ». J’ai pas hâte d’être vieille et impotente. Se faire laver la wachacha par une inconnue, c’est franchement pas le truc donc je rêve tous les jours !

18h00.

On va enfin me remonter dans ma nouvelle chambre.

Je suis toujours allongée sur mon lit. Mon homme nous suit devant l’ascenseur et on se quitte sans même pouvoir se faire un bisou.

J’ai envie de pleurer.

On m’installe donc en au service maternité mais j’ai changé d’aile, je suis dans l’aile D aka chez les jaunes. 

Je n’ai le droit qu’à un bouillon. La télé ne fonctionne pas. Je ne peux pas brancher mon téléphone car il n’y a pas de prises derrière moi et comme je ne peux pas me lever, je ne peux même pas trouver de solution.

Et autant tout l’après-midi j’étais en relativement « pleine forme », autant je commence sentir le contre coup. 

Je suis épuisée physiquement et psychologiquement.

« Heureusement » le Contramal en perfusion, en plus d’atténuer les douleurs, me rend légèrement stone. Ça faisait longtemps que je n’avais pas prit autre chose que du paracétamol donc j’te laisse imaginer la sur-réaction de mon corps à un opiacé.

Mais c’est pas plus mal.

Alors oui, je suis super hyper contente que mon homme ai pu être là tout du long vu les circonstances actuelles.

#merci covid-19

Mais comme il est 18h passé, je n’ai toujours pas vu ma fille et je ne pourrai pas la voir avant le lendemain.

Alors voilà, je reconnais que si tout le reste s’est passé au top vu les circonstances, j’avoue que je m’endors ce soir là seule et avec un goût amer en bouche.

Mais ça y est, nous sommes parents d’une jolie poupée de 1,395kg et 38,5cm qui est donc née à 33SA + 5 jours !

Voilà, voilà.

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